Lors du précédent article, je vous donnais quelques
informations sur le grand lac de sel, mais mon petit doigt me disait qu’il manquait le vécu (mon petit doigt se reconnaîtra). “Un peu léger ton
article pour un site aussi exceptionnel” je le cite en ces termes. OK ok …
Donc je reprend depuis le chapitre de la Paz, depuis le terminal de bus. Alors un conseil, CHOISISSEZ BIEN VOTRE COMPAGNIE DE BUS, sinon vous n êtes pas encore parti et c'est déjà la galère. Les bus de certains compagnies sont en trés mauvais état, certains essayent même de vous extorquer quelques bolivianos supplémentaires pour excédent de bagages… Ils sont trop forts ces boliviens ¡
Important, prenez garde aux horaires. Les trains qui partent de Oruro en direction de Uyuni partent le dimanche, mardi et jeudi… a 19h, C est le train WARA WARA. Donc depuis La Paz pour atteindre Oruro avec votre bus, il vaut mieux prévoir du temps… En Bolivie, les horaires sont très aléatoires. L’idéal est la compagnie Naser, le bus part a 13h30 ou 32 ou 35 ou…. Mais c'est la plus sure, alors ! Dernier détail pour le bus, il faudra s'acquitter de la taxe de transport au terminal…
Allez on embarque ! Le bus prend le périph et remonte vers El Alto, il
s'arrête à nouveau pour “charger” les derniers pas
sagers alteños. On rentabilise le voyage au maximum. Puis c’est presque 4h de route sur l’altiplano, la conduite peut
s'avérer sportive, mettez votre ceinture… Oups y en n’a pas ¡
Dés que vous commencez à voir le pipeline de gaz sur votre gauche, vous nêtes plus très loin de la ville minière de Oruro. Un grand casque de mineur tout en cuivre vous souhaite la bienvenue. C´est d'ailleurs la seule curiosité de la ville. Oruro n’est pas vraiment la ville ou l'on passerait ses vacances, c'est sale et moche…
Le bus vous laisse devant le terminal en plein centre, n´oubliez rien a l'intérieur…
Pour rejoindre la gare, c'est très simple. Vous sautez dans un taxi, cela vous coûte 12 BS.
La gare ouvre à 18h. Si vous n'avez pas eu de problème sur votre trajet routier, vous devrez attendre quelques minutes l'ouverture de celle-ci. Vous aurez le temps d enregistrer vos bagages et hop 19h le train démarre, il est toujours a l'heure… Ne le ratez pas, le prochain est dans 2 jours.
Le train WARA WARA est sûrement le train le plus lent que j'ai pu
prendre…Plus de 7h de voyage. On est loin de notre TGV, par la vitesse mais aussi par son confort et son service à bord. Train surchauffé, évitez les pla
ces prés des fenêtres, le radiateur est
juste dessous. Si vous voulez finir rôti, c est l'endroit parfait.
Si on fait les comptes vous serez à Uyuni vers 2h30 du matin ou peut être plus…Tout dépend de l 'état de la voie… Vous passerez donc d'un train-four, au froid glacial de la gare de Uyuni. En juin, les températures descendent jusqu'a -20. Sortez les moufles ¡
Voilà vous y êtes et ce n'est pas plus gai que Oruro. En plus il est presque 3h du mat. En espérant que vous avez réservé votre hôtel depuis la Paz. Pour ma part, je vais chez Toñito. C´est sympa, super literie et le ptit dej est excellent. Normal c'est un pote !!!
Euhh c'est déjà l'heure de se réveiller… Il fait pas très chaud dehors. Mon heure de
départ, 11h. Les 4x4 sont là, alors on embarque. Valises sur le toit et chauffeur à la mine patibulaire… 2 jours d'aventure au bout du
monde et aucune communication, sinon une vieille radio… Vaut mieux ne rien
oublier et vérifier un peu l'état des voitures.
Notre première halte se fera au cimetière de train… Au milieu de rien, dans un paysage digne des western spaghetti, presque 100 ans d'histoire
ferroviaire entre La Bolivie, l’Argentine et le Chili… A quelques kms des mines de fer, l'érosion fait disparaître ces grosses machines et renvoi les métaux à leur état initial. La boucle
est bouclée.
“Amigos, nos vamos ¡” Ah je crois que le chauffeur veut partir ¡
Cette fois, nous y sommes… Le grand lac blanc ¡ C est immmmmmmmense ¡ A gauche, c'est blanc, à droite aussi, devant, derriere… C'est "l'Omo"
bolivien, plus blanc que blanc. Juste des 4x4 bourrés de touristes qui vont et qui viennent.C'est pas trés écolo, mais je me vois mal le faire en vélo…
Merci Henri pour la photo ! ![]()
On roule, on roule… et l'horizon qui donne cette impression de reculer, comme un sentiment d'immensité et de liberté… Un voyage en cinémascope, grandeur nature !
Nous atteignons l'ile Inkahuasi aux alentours de 13h30. Ce qu'on peut dire, c'est que nous ne sommes pas seul. Le rendez vous
de toutes les agences pour le pique-nique. Si vous le pouvez, essayez d'arriver un peu plus tard, vous aurez l'ile pour vous tout seul dans l'aprés midi, et le couché de soleil y est
fantastique...
Cette ile est comme un recif de corail couverte de cactus atteignant les 1000 ans. Attention ca pique !
Ce soir nous nous retrouvons dans un refuge… Alors pour planter le décor et pour ne pas être surpris… C'est rustique mais c'est clean… Une douche pour 6 lorsqu'il y a de l eau, et
l'électricité jusqu a 22h. Bon ok, si vous êtes gentils peut être jusqu'à plus tard…Tout dépend le nombre de bière que vous payez au
patron.
Pour le jour suivant qui doit nous mener vers le Chili,
on fait chauffer les moteurs vers 5h du mat. Si vous avez de la chance vous aurez une voiture chau
ffée, sinon il faudra se serrer et prévoir une couverture. A cette heure matinale, il fait froid voire très, mais très
froid…
Au programme, pistes poussiéreuses et défoncées pendant près de 10h. Nous roulons le long de la frontière chilienne entre volcans et
lagunes de toutes les couleurs, là encore la flore et la faune ce sont adaptées aux rudesses de ce climat. Nous passerons la majeure partie de la journée à 4300 m d'altitude, avec un col a
prés de 4850m. Sol de mañana !
L’homme, dans ces contrées, est toléré, invité. Mais il serait dangereux d'oublier
que nous sommes dans un milieu hostile pour nos organismes. Une mauvaise préparation, un incident technique, un problème physique, et le voyage peut devenir un cauchemar. Il est préférable
d'être accompagné d'un guide connaissant parfaitement la traversée.
Fin d'après midi nous rejoindrons le Chili et le village de San Pedro de Atacama. Génial, enfin une douche chaude… Il faudra tout de même passer une bonne heure a la frontière. Et oui, ce serait trop facile sinon… Petit conseil, évitez de passer des fruits ou tout ce qui est produit frais, les chiliens protègent leur agriculture
et les amendes peuvent être élevées.
En résumé, c'est un voyage qui peut s'avérer difficile pour les personnes habituées à un certain confort. Mais si vous supportez les bus aux odeurs suspectes, les trains fournaises, les balades en pleine nuit pour trouver votre hôtel, les douches froides, les grasses matinées a 5h du mat, le froid, la poussière et les chaos de la piste, sans oublier, les spaghettis froids... Alors c'est pour vous !