Jeudi 12 novembre 2009

Petit cours d'histoire...
Avant la conquête de l’Amérique du Sud, le Río de las Amazonas n’avait pas de nom général. A la place, les différentes tribus indigènes avaient des noms qui désignaient chacune des sections qu’ils occupaient, tels Paranaguaza, Guyerma, Solimões et d’autres. Vicente Yañez Pinzon, qui fut le premier explorateur du fleuve, l’appela le fleuve Río Santa Maria de la Mar Dulce, du fait de l’absence de salinité en mer au niveau de l’embouchure. Ce fut rapidement abrégé en Mar Dulce, puis enfin, après 1502, il fut connu sous le nom Río Grande. Les compagnons de Pinzon l’appelèrent le fleuve El Río Marañón. Le mot Marañón a, pour certains, des origines indigènes. Cette idée fut développée pour la première fois dans une lettre de Pierre Martyr d'Anghiera adressée à Lope Hurtado de Mendoza en 1513. Cependant, ce mot peut aussi dériver de l’espagnol maraña , qui signifie un enchevêtrement, une p agaïe. Il représenterait ainsi les difficultés rencontrées par les premiers explorateurs lors de la navigation, non seulement au niveau de l’embouchure du fleuve, mais aussi au niveau des multiples canaux, et des rives découpées qui forment l’actuel état brésilien de Maranhão. Mais ce fut Francisco de Orellana qui lui donna définitivement le nom d'Amazone pour la simple raison que pendant son voyage sur le fleuve, il fut attaqué le 24 juin 1541 par une tribu de femmes guerrières (des amazones). On retrouve une autre version de la signification de son nom. Puisqu'il viendrait du mot Amazonas, qui signifie tout simplement, grandes vallées. Le nom des guerrières en découle.


 Et de géographie...
La source originelle de l’Amazone n'a été fermement établie que récemment. C’est un ruisseau situé sur un sommet de 5 507 m d’altitude, le Nevado Mismi dans les Andes péruviennes, approximativement à 160 km à l'ouest du lac Titicaca et à plus ou moins 650 km au sud-est de Lima. Cette montagne fut suggérée pour la première fois comme la vérit able source en 1971 mais ne fut pas confirmée avant 2001. Le ruisseau depuis le Nevado Mismi s’écoule jusqu’à la rivière Apurímac. L’Apurímac est un affluent de l' Ucayali, qui se joint au Marañón. Il prend alors le nom d'Amazona au Pérou et en Colombie, puis celui de Rio Solimões en entrant au Brésil au niveau de Tabatinga, et à nouveau celui d'Amazona à la hauteur de Manaus, après avoir été rejoint par le Rio Negro. La longueur totale du fleuve de sa source à son embouchure est de 6 570 km, ce qui en fait le deuxième plus long des fleuves après le Nil (6 6 90 km), mais est le premier par son débit. En aval du point de confluence entre l’Amazone et le Huallaga, le fleuve quitte la zone des Andes et pénètre dans les plaines inondées. À partir de ce point jusqu’au Ucayali, sur environ 2 400 km, les rives forestières sont à peine hors d’eau et sont longtemps inondées avant que le fleuve n’atteigne son niveau maximal. Les rives peu élevées sont interrompues par seulement quelques collines, puis le fleuve pénètre l’énorme forêt amazonienne. Selon une étude récente, la longueur de l'Amazone serait de 4 225 milles (6 800 kilomètres), Le Nil s'étirant lui sur 4 160 milles (6 695 kilomètres) faisant de l'Amazone le plus grand et le plus long fleuve du monde.

 Sur le terrain...
Comme je l'ai dit plus haut, pour trouver la source de l'Amazone, il faut se rendre au pied de la montagne Mismi. Pour rejoindre celle-ci, le plus court chemin est depuis la ville d'Arequipa (sud Pérou). Il vous faudra louer un 4x4 avec chauffeur et rejoindre la vallée du Colca et le village de Chivay. Environ 180 kms ou 3h30 de route. Vous passerez par le col de Patapampa et ses 4 910 m. Déjà votre mont Blanc perso ! Lorsque vous êtes à Chivay (3600 m), prenez la route en amont de la rivière Colca jusqu'au village de Tuti. Puis c'est la montée vers le plateau d'Apacheta (5 000 m). Il faut compter deux bonnes heures. Sur cette piste de montagne, vous rencontrerez des paysages magnifiques et une nature vierge, lac, faille géologique, glacier... Un village abandonné, vous rappellera la dureté de vivre dans ce milieu. Même les fantômes sont partis ! Malgré l'altitude, c'est une promenade assez facile. Vous pouvez approcher le véhicule à moins de 300 mètres de la source. Le reste se fera à pied. La source se trouve en dessous du glacier. Votre chauffeur vous indiquera la direction à prendre. Il suffit de trouver la petite falaise ! L'eau venant du glacier par infiltration est projetée de la paroi de la falaise. Ce phénomène est d'autant plus visible lors des périodes de dégel. C'est ici qu'est la source, mais aussi le partage des eaux, puisqu’une partie se jette aussi dans le Colca qui finit, lui, dans le pacifique. Cet endroit est rare et à conserver. Respectez-le ! Les rivières amazoniennes sont les veines de la plus grande forêt de notre planète, cette source représente plus que toutes autres, la vie.

La source
Par Nicolas Miquau
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Présentation

  • : 12/02/2009
  • : Nicolas Miquau, Photographe et guide touristique Pérou, Bolivie, Chili, Argentine
  • nicolas.miquau
  • : Actualité photographie Arts Francais Bordeaux Voyages
  • : Nicolas est originaire de Bordeaux, il est guide accompagnateur en Amérique du Sud pour l'agence viventura. Il travaille aussi comme photographe pour différents supports médias et touristiques. Il vit dans la ville d'Arequipa dans le sud du Pérou. Il nous fait partager ses voyages et ses expériences au travers de ce blog.
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